Conférence-Débat sur les ondes électromagnétiques
Compte rendu de la soirée débat organisée du samedi 28 Mars, à Francheville, consacrée aux
ondes électromagnétiques et les antennes relais de téléphonie mobile.
Etaient présents, les représentants des 2 associations de parents d’élèves de Brindas et de la SCL de Brindas, ainsi que Bruno Bachot, premier adjoint.
Dans un premier temps, plusieurs scientifiques et médecins se sont succédé :
- Mr Daniel Oberhausen, professeur agrégé de physique et représentant l’association PRIARTEM, dont le but est de porter à la connaissance du public (et du contribuable) les résultats d’études scientifiques sur les antennes relais et la téléphonie mobile, qui pourraient sinon rester dans « l’ombre » !
- Mr Gérard Ledoigt, professeur agrégé de biologie, et ancien directeur du laboratoire ERTAC à Clermont Ferrand. Ce laboratoire a été brutalement dissous en novembre 2008, après une visite a priori anodine de représentants du Ministère de la recherche quelques mois plus tôt, alors que les premières publications de cette équipe sur les conséquences néfastes des ondes électromagnétiques sur des plantes, avaient reçu un accueil très favorable de la communauté scientifique.
- Dr Pierre Souvet, cardiologue à Marseille (élu médecin de l’année 2008 et signataire de l’appel des vingt scientifiques essentiellement cancérologues, contre l’utilisation abusive du portable)
- Mr Pierre Le Ruz, docteur en physiologie animale et président du C.R.I.I.R.E.M. (Centre de Recherches et d’Information Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques)
Ce qu’il faut retenir de leurs propos :
- La législation actuelle (décret Jospin 2002) autorise une puissance émettrice des antennes de téléphonie de 41 V/m, ce qui est 70 fois supérieur à la puissance autorisée dans de nombreux pays européens, soit 0.6 V/m. La limitation à cette nouvelle valeur en France doit faire l’objet d’une loi à venir (pour quand ?)
- les ondes « téléphone » ou WIFI, contrairement aux ondes radio ou TV, sont des ondes discontinues, qui agissent comme des « micro marteaux piqueurs » vis-à-vis des organismes
- ces rayonnements produisent des lésions irréversibles sur l’ADN (formation de micro noyaux visibles au microscope) conduisant parfois à des tumeurs cancéreuses
- ces rayonnements reçus sont insupportables pour les personnes électro-sensibles. En Suède, les statistiques montrent que 3 à 5 % de la population est électro-sensible
- chacun réagit différemment vis-à-vis des ondes, mais les principaux symptômes ou conséquences sont : stress, irritabilité, céphalées, problèmes cardiaques, troubles cutanés, troubles de la reproduction (diminution des spermatozoïdes), tumeurs cancéreuses, diminution du taux de mélatonine conduisant à la dépression et au suicide pour certains….
- les effets des rayonnements sont visibles chez les plantes et les animaux, qu’on ne peut soupçonner de s’inventer de nouvelles maladies ! Par exemple, on observe chez les cigognes, qui nichent à proximité d’antennes émettrices, des disputes fréquentes entre couples conduisant à l’abandon du nid avant la fin de la nidification, et une mortalité précoce chez les jeunes poussins. Cause de mortalité possible également chez les abeilles.
- le taux de pénétration des ondes dans le cerveau (par les téléphones portables) est beaucoup plus important chez l’enfant que chez l’adulte. Les enfants sont donc TRES vulnérables. Campagne de Pub récente de la Ville de Lyon pour mettre en garde les jeunes de moins de 12 ans…. et pourquoi pas au-delà ?
- grand danger pour les ados qui dorment avec leur portable sous l’oreiller, ou s’en servent comme réveil
- sévère mise en garde contre la WIFI et le procédé « blue tooth » (consistant ni plus ni moins à se mettre une antenne relais miniaturisée sur l’oreille !)
- A Alcoceber et Torreblanca (près de Valence, Espagne) où la densité d’antennes de forte puissance (plus de 10 sur un même immeuble !), il a fallu attendre de dénombrer plusieurs dizaines de décès « suspects » pour que soit enfin prise la décision de démonter ces antennes…. La puissance des ondes reçues était de l’ordre de 6 à 10 V/m… valeur qui n’a rien d’exceptionnel, puisque c’est l’ordre de grandeur mesuré à Paris
- Les preuves s’accumulent dans de nombreux pays (Espagne, Hollande, Israël, Egypte..) où des études sérieuses sont menées
- Etc….
Régulièrement, des médecins se regroupent et lancent des Appels pour alerter la communauté scientifique, les politiques et les citoyens, appeler à la mobilisation, et invoquent le principe de précaution.
Peu ou pas de réaction des politiques…
L’Académie de Médecine se permet néanmoins d’affirmer récemment (abondamment relayée par la presse !), sans la moindre preuve, que les antennes de téléphonie mobile sont inoffensives… La même Académie de Médecine qui s’est lourdement trompée ou s’est faite la championne de la langue de bois, dans un passé pas si lointain, sur les dossiers de l’amiante ou du nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté à la frontière de la France… L’Académie de Médecine dont le porte parole sur le dossier des ondes électromagnétiques des antennes téléphoniques, est le médiatique Pr AURENGO. Celui-ci siège au Conseil d’administration d’EDF et agit en tant qu’expert auprès d’un des opérateurs téléphoniques…. C’est son droit…mais côté indépendance… ?
Il n’y a pas eu débat lors de cette soirée du 28 mars, puisque tous les intervenants étaient convaincus que les antennes relais GSM constituent une grave menace de santé publique pour la population, de même que les 500 personnes (salle comble) qui assistaient à cette soirée.
Mais comme s’est plu à le souligner Etienne Cendrier (association Robin des Toits), il ne peut y avoir débat dans la mesure où à chaque fois qu’il tente d’organiser une “confrontation” à la télé ou à la radio, ses contradicteurs potentiels (opérateurs, “experts” à la solde de ceux ci) se défilent pour ne pas participer au débat!
Tous les intervenants lors de cette soirée sont supposés être parfaitement indépendants (ou sinon reste à démontrer le contraire !) et n’ont d’autre but que de dénoncer un nouveau scandale de santé publique.
E.Cendrier (Robin des Toits) a par ailleurs évoqué les procès récents gagnés par leur avocat Me Richard Forget, sur le principe du « trouble anormal de voisinage ». Par rapport à ces décisions de justice (Tassin la ½ lune par exemple) les opérateurs commencent à paniquer. Plutôt que de remplacer l’antenne en cause, en appliquant la norme de 0.6 V/m à venir, il préfèrent démonter ou débrancher leurs antennes. Il est à noter que toutes les compagnies d’assurance prennent conscience du phénomène et refusent d’assurer les opérateurs vis à vis des risques liés à aux troubles anormaux de voisinage.
Pour les opérateurs, il est beaucoup trop coûteux de multiplier le nombre d’antennes à 0.6V/m (comme cela se fait par exemple à Salzburg : « picots » très discrets), et ceci en particulier en zone rurale, où une antenne de 41 V/m tous les 20 km suffit actuellement pour couvrir la demande. L’éloignement de ces antennes entre elles a pour conséquence que les GSM éloignés émettent davantage, et deviennent par conséquent plus nocifs pour leurs utilisateurs ! (même chose pour le TGV)
E.Cendrier se montre par ailleurs plus que sceptique par ailleurs vis-à-vis :
- des mesures de contrôle effectuées par certaines communes (ex. Paris) qui effectuent des « mesures de moyennes de moyennes » qui ne veulent rien dire et rassurent le bon peuple
- des décisions politiques qui seront prises lors du prochain « Grenelle des Antennes »
- des conclusions des « experts » de l’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail), qui sont rémunérés par les opérateurs !
Tout ceci est assez consternant d’autant plus que tout est connu depuis le début des années 80 sur les effets néfastes des « micro ondes » (hyperfréquences pulsées).
Mr Le Ruz cite l’anecdote de l’ambassade des Etats-Unis à Moscou dans les années 75, où les russes, aux fins de destruction du matériel électromagnétique de « l’ennemi », soumettaient l’ambassade à des expositions continues d’ondes entre 9 et 19 V/m (soit celle que l’on peut actuellement mesurer dans de nombreux lieux en France)… Hormis l’effet recherché et atteint de perturber le fonctionnement de l’ambassade, l’autre effet inattendu, fut de générer un nombre très élevé de leucémies chez le personnel de l’ambassade… !
Michèle RIVASI, vice présidente du CRIIREM, maire adjointe de Valence, ex présidente de Greenpeace France, fondatrice en 1986 de la CRIIRAD (à la suite de Tchernobyl), député de 1997 à 2002 et candidate aux Européennes a ensuite clôturé les débats en synthétisant brillamment ce qui avait été dit.
Et elle n’a pas mâché ses mots !
- elle s’est faite élire député en 1997 parce qu’elle avait le sentiment que les députés étaient aux mains des puissants lobbys… et elle n’a pas été déçue !
- il existe en effet une grande « connivence » entre les députés UMP et Bouygues d’une part, et entre les députés PS et Orange d’autre part (SFR est multicartes !)
- elle n’attend donc rien de l’Assemblée Nationale dans les débats à venir
- l’OMS dit que la téléphonie mobile n’est pas dangereuse… et tenait les mêmes propos vis-à-vis de l’Amiante il y a quelques années
- il faut interpeller l’Europe par rapport à cette situation d’exception où la France est la seule à faire appliquer la norme de 41V/m.
- tout est connu depuis longtemps. Voir le rapport international BIOINITIATIVE (malheureusement en Anglais)
- rien d’étonnant à ce que les privés autorisent l’installation d’antennes de téléphonie mobile sur leur immeuble ou sur leur terrain puisqu’ils sont intéressés financièrement (environ 6000€/an) et le plus souvent complètement désinformés (ou pire consentants)
- la solution est à chercher dans la mobilisation citoyenne, ainsi qu’auprès des collectivités locales. Tous les maires soucieux de la santé des habitants de leur commune doivent se coordonner et faire front (voir l’Association des Maires de France)
- elle appelle à un moratoire à l’installation de toute nouvelle antenne, et est soutenue dans ce sens par l’Association Robin des Toits
Michèle Rivasi est confortée dans son intervention par :
- l’association SERA (Santé Environnement en Rhône Alpes) qui lance ce soir même une pétition pour réclamer un moratoire sur toute installation de nouvelles antennes, tant que la norme des 0.6 V/m n’est pas votée. Cette pétition sera remise au président du Conseil Régional.
- Mr le Maire de Chassieu, Alain Darlay. La commune de Chassieu a déposé 2 arrêtés municipaux s’opposant à l’installation d’une antenne téléphone ORANGE de groupes scolaires. Orange a attaqué ces arrêtés au Tribunal Administratif et vient de gagner (le 13 mars). Mr Darlay demande donc aux riverains de porter plainte, et incite à la mise en place d’un collectif d’associations susceptibles de réattaquer la décision administrative devant une juridiction civile.
Les débats ont débuté vers 20h00 et se sont achevés vers 23h30.
S.Dewez